La sacristie du Père Vasseur sent encore l’encens du dimanche matin. Les cierges éteints fument doucement sur la crédence, une étole verte est pliée sur le dossier d’une chaise en bois sombre. Il vient de saluer les derniers paroissiens, serré quelques mains, écouté une dame âgée lui parler de son petit-fils. Maintenant il s’assied, défait son aube avec des gestes lents, et nous propose un café tiède dans une tasse ébréchée. La pièce est petite, claire, encombrée de livres liturgiques annotés au crayon — un missel ouvert à la page du jour, un Liturgie des Heures fatigué par l’usage, un cahier de notes manuscrites pour les homélies.

À soixante-trois ans, le Père Jean-Baptiste Vasseur a célébré, selon ses propres calculs approximatifs, près de neuf mille messes. Il en parle pourtant comme d’un mystère qu’il n’a pas fini de découvrir. Ses mains sont marquées, ses gestes économes, sa voix posée — celle d’un homme qui a appris à dire des paroles précises sans chercher à impressionner. Cet entretien, mené dans le calme de la sacristie un dimanche du Temps ordinaire de juin 2026, n’est pas un cours de théologie. C’est une parole de pasteur sur le déroulement de la messe catholique, de l’intérieur — ce qu’il voit, ce qu’il vit, et ce qui se joue dans les silences que le fidèle ne soupçonne pas toujours.

Père Jean-Baptiste Vasseur

Curé paroissial — agglomération lyonnaise

  • Ordonné prêtre en 2001 (25 ans de ministère)
  • Licence en théologie sacramentaire, Institut catholique de Lyon
  • Formation liturgique des laïcs : animateurs de chant, lecteurs

Mon Père, pourquoi vous être engagé dans la prêtrise il y a vingt-cinq ans, et qu’est-ce que la messe a changé dans votre vocation ?

Je suis entré au séminaire d’Issy-les-Moulineaux à vingt-trois ans, après des études d’histoire à Lyon. La vocation ne m’est pas tombée dessus comme un éclair. Elle a mûri lentement, dans une fidélité simple à la messe quotidienne, à laquelle un aumônier d’étudiants m’avait initié. Je crois que tout est parti de là, en réalité — d’un Évangile entendu chaque jour, d’un pain partagé. Au début, je ne comprenais pas grand-chose à la théologie ; mais je comprenais que quelque chose se passait, que je sortais de la chapelle différent.

L’ordination, c’était en juin 2001, à la cathédrale Saint-Jean. Ce que je n’avais pas anticipé, c’est combien la messe allait me reconstruire jour après jour, comme un fleuve patient. Au départ, je l’ai vécue comme une responsabilité — bien dire les paroles, ne pas se tromper dans les gestes. Très vite, j’ai compris que c’était l’inverse : c’est elle qui me forme. Vingt-cinq ans plus tard, je ne célèbre pas une messe sans avoir l’impression d’apprendre quelque chose. Pas de connaissance nouvelle, non — quelque chose de plus humble. Une présence. Un saisissement, parfois, devant la simplicité de ce qui s’y joue : Dieu se donne, et nous l’accueillons à mains nues. C’est tout, et c’est immense.

Avant chaque messe, quel est votre temps de préparation personnelle ?

J’arrive toujours quarante minutes avant le début. C’est une règle que je me suis fixée tôt et à laquelle je ne déroge pas, sauf cas de force majeure. Ces quarante minutes ne sont pas du temps technique — ouvrir l’église, allumer les cierges, vérifier que le sacristain a bien préparé les burettes. Ces tâches matérielles, je les fais bien sûr, mais elles ne sont pas le cœur.

Le cœur, c’est un quart d’heure de silence avant de revêtir l’aube. Je relis l’Évangile du jour, lentement, à voix basse. Je note dans un petit carnet une phrase qui m’a frappé pendant la semaine en y revenant. Je pense aux paroissiens que je vais voir — il y a Madame Lemoine qui vient de perdre sa sœur, le jeune Lucas qui se prépare à la confirmation, les Dubois qui traversent un divorce. Je ne prie pas pour eux à ce moment-là — je les présente simplement, je les tiens devant Dieu en silence. C’est une forme d’offrande anticipée.

Puis je me revêts. Chaque vêtement liturgique correspond à une prière silencieuse — c’est une tradition que j’ai gardée du séminaire. L’aube pour le baptême reçu, l’étole pour la mission confiée, la chasuble pour la charité qui couvre tout. Quand je sors de la sacristie, je ne suis plus seulement Jean-Baptiste : je suis serviteur d’un mystère qui me dépasse. C’est cette bascule que j’essaie d’opérer chaque fois.

Le rituel d’entrée — signe de croix, salutation à l’assemblée — que signifie ce premier moment ?

Le rituel d’entrée dure trois minutes, parfois quatre. Pourtant, tout y est déjà joué. Le signe de croix initial place la communauté entière sous le nom de la Trinité — au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ce n’est pas une formule de politesse. C’est une affirmation d’identité : nous sommes ici parce que nous sommes baptisés, parce que ce nom a été prononcé sur nous au baptême. Cela répond à la question silencieuse que beaucoup se posent en arrivant — qu’est-ce que je viens faire ici ? Réponse : tu viens parce que tu portes ce nom.

La salutation suit — Le Seigneur soit avec vousEt avec votre esprit. Je tiens beaucoup à ne pas la dire mécaniquement. Je regarde les gens. Je vois qui est venu, qui manque, qui pleure, qui sourit. La salutation n’est pas une formule liturgique abstraite ; c’est une rencontre. L’acte pénitentiel qui suit prépare le cœur à entendre la Parole sans masque, sans armure. On y reconnaît qu’on est pauvre, qu’on a manqué d’amour, qu’on a besoin de miséricorde. C’est seulement une fois cette vérité posée que la liturgie peut vraiment commencer.

Tout cela appartient à un mouvement plus large que vous retrouverez dans le rythme quotidien de l’Église, notamment dans la liturgie des heures et la prière des laïcs : nous nous tournons d’abord vers Dieu avant de l’écouter.

Détail des mains du célébrant lors de l'élévation de l'hostie pendant la consécration, calice doré visible en contrebas

La liturgie de la Parole avec ses trois lectures : pourquoi cette structure et comment la vivre ?

La liturgie de la Parole est la première moitié de la messe. Elle est centrale, on l’oublie parfois. Le concile Vatican II a voulu rendre aux fidèles la richesse de l’Écriture, et le triple cycle — Ancien Testament, épître, Évangile — permet à un chrétien qui suit la messe dominicale d’entendre, sur trois ans, l’essentiel de la Bible. C’est une catéchèse lente, qui se dépose comme un sédiment.

Comment la vivre, vous me demandez. D’abord, en arrivant à l’heure. Beaucoup de paroissiens entrent pendant la première lecture, ce qui les empêche d’entrer vraiment dans le mouvement. La première lecture pose un terrain — souvent un texte de l’Ancien Testament qui annonce ou prépare l’Évangile du jour. Le psaume répond, comme un écho intérieur de l’assemblée. La deuxième lecture, tirée d’une épître apostolique, éclaire la vie chrétienne concrète. Puis l’acclamation, debout, et l’Évangile.

L’Évangile est central. C’est pour cela qu’on se lève, qu’on trace une triple croix — sur le front, sur les lèvres, sur le cœur — pour demander que la Parole imprègne notre pensée, notre parole, notre amour. Quand je lis l’Évangile, je m’efforce de ne pas le réciter. Je le proclame, je m’adresse à l’assemblée. La différence est immense. Une Parole proclamée touche un cœur ; une Parole récitée glisse à côté. C’est aussi pour cela que je travaille avec les lecteurs laïcs de la paroisse : la qualité de la proclamation change la qualité de l’écoute, et donc l’union à l’un des sacrements catholiques que nous célébrons.

L’homélie. Comment se prépare-t-elle, et qu’est-ce qui change quand vous voyez les visages devant vous ?

L’homélie se prépare tout au long de la semaine, jamais le samedi soir. Le lundi, je lis les trois textes du dimanche suivant. Je les laisse reposer. Le mardi, je les relis et je note ce qui me frappe — une expression, un mot, un contraste. Le mercredi, j’essaie de relier au quotidien des paroissiens, à ce qui se vit dans le quartier, dans la ville, dans l’Église. Le jeudi, je rédige une trame — pas un texte intégral, mais une structure en trois moments avec deux ou trois images concrètes. Le vendredi, je laisse décanter. Le samedi matin, je relis et je raccourcis. Toujours.

Une bonne homélie, à mon avis, dure entre sept et dix minutes. Au-delà, on perd l’attention ; en deçà, on n’a rien dit. Mais le vrai travail commence quand je monte à l’ambon. Là, je vois les visages. Et tout change. Je vois une jeune mère épuisée, je vois un retraité veuf depuis trois mois, je vois des adolescents qui hésitent à venir. Alors je modifie. Je supprime des phrases trop abstraites, j’ajoute une image plus simple, je ralentis sur ce qui pourrait toucher. C’est pour cela que je ne lis jamais une homélie écrite mot à mot : je perdrais le contact des regards.

J’aime aussi suggérer à mes paroissiens la pratique des laudes et vêpres comme prolongement de la messe, parce que l’homélie n’est qu’une étincelle ; ce qu’il faut ensuite, c’est nourrir la braise dans le quotidien, par une prière régulière qui prolonge l’écoute dominicale.

La liturgie eucharistique : que vivez-vous au moment exact de la consécration ?

C’est la question la plus difficile que vous puissiez me poser, et la plus simple en même temps. Au moment de la consécration, je dis les paroles du Christ — Prenez et mangez en, ceci est mon corps livré pour vous — et je sais, sans pouvoir le démontrer, qu’il se passe quelque chose qui me dépasse infiniment. Mes mains tiennent l’hostie ; ma voix prononce les mots ; mais l’acte ne vient pas de moi. Le Christ se rend présent à travers ma pauvreté de prêtre, à travers ce pain et ce vin, à travers cette assemblée.

Ce que je vis, intérieurement, c’est une forme de saisissement très calme. Pas une émotion spectaculaire — je me méfierais d’ailleurs si c’était le cas. Plutôt une attention extrêmement précise, comme si tout, autour de moi, devenait soudain dense et clair. Le silence dans l’église à ce moment-là est différent des autres silences. Vous le sentez vous-même quand vous êtes au fond de la nef. Quelque chose s’est posé. C’est cela, la présence réelle : ce n’est pas une théorie, c’est une expérience que beaucoup de fidèles font, sans toujours savoir la nommer.

J’élève l’hostie, puis le calice. Je m’agenouille — c’est un geste que je tiens à faire avec ralenti, sans précipitation. Je vois souvent, du coin de l’œil, des fidèles qui s’agenouillent aussi, parfois des enfants qui imitent leurs parents. Et je me dis qu’à ce moment précis, dans toutes les églises catholiques du monde, le même geste se fait, le même mystère se déploie. C’est une communion qui dépasse les murs de la paroisse.

Bréviaire ouvert et lectionnaire sur l'ambon, lumière du matin sur les pages, microphone discret

La communion : émotion, accueil des enfants, gestes invisibles ?

La communion est probablement le moment où je suis le plus attentif aux personnes une à une. Quand le paroissien s’avance, je le regarde dans les yeux — pas longuement, mais vraiment — et je dis Le Corps du Christ. C’est un face-à-face. Je vois passer toute la paroisse : les habituels du premier rang, le grand-père qui pleure depuis l’enterrement de sa femme, la jeune femme qui n’était pas venue depuis longtemps et qui est revenue ce matin, l’enfant de huit ans qui vient de faire sa première communion et qui s’avance avec une solennité magnifique.

Les enfants ont une grâce particulière à ce moment. Ceux qui n’ont pas encore communié s’avancent les bras croisés sur la poitrine, et je pose la main sur leur tête en les bénissant. Ce geste compte énormément. Pour beaucoup d’enfants, c’est leur premier contact tangible avec un prêtre. Je le fais lentement, en disant leur prénom quand je le connais. C’est invisible aux yeux de l’assemblée, et pourtant ces secondes-là sont essentielles pour la transmission de la foi.

Il y a aussi des gestes que personne ne voit. Quand je purifie le calice après la communion, je m’efforce de le faire avec un grand respect, sans précipitation, parce que c’est encore la présence du Christ que je touche. Quand je reviens à mon siège pour le temps de silence, je laisse vraiment le silence s’installer — au moins quarante secondes — pour que l’assemblée puisse intérioriser. Ce silence est aussi liturgique que les paroles ; il ne faut jamais le sacrifier pour gagner trois minutes.

Le renvoi — Allez dans la paix du Christ — pourquoi cette formule si simple est-elle si dense ?

Le mot messe vient justement de ce renvoi — Ite, missa est en latin, qui veut dire littéralement Allez, vous êtes envoyés. La messe ne s’arrête pas quand on quitte l’église : elle commence vraiment à ce moment-là. Toute la liturgie eucharistique n’a de sens que parce qu’elle nous renvoie au monde, transformés, pour y témoigner. Le Christ que nous avons reçu, nous devons maintenant le rendre visible dans nos gestes ordinaires — au travail, en famille, dans la rue, dans le métro.

Cette formule si simple — Allez dans la paix du Christ — porte donc un poids considérable. Paix parce que nous avons été pardonnés, nourris, écoutés. Paix du Christ parce qu’il ne s’agit pas d’une paix sentimentale, mais d’une paix qui a traversé la croix. Allez parce que la mission n’est pas optionnelle. Tous les baptisés sont missionnaires de leur baptême, prêtres ou laïcs. Je le rappelle souvent en homélie : la sainteté ne se cultive pas dans l’église, elle se vérifie le lundi matin.

Ce dynamisme, vous le retrouvez dans tous les rites apostoliques, et il est intéressant d’observer l’architecture des églises orthodoxes qui ordonne la divine liturgie en miroir, qui prolonge elle aussi l’eucharistie par un envoi. La messe ne s’arrête jamais vraiment : elle se prolonge dans le quotidien, comme une braise qui couve, ravivée chaque dimanche par les temps liturgiques de l’année qui rythment notre marche communautaire.

Une question pour conclure : qu’est-ce que la messe a changé en vous, profondément ?

Je pourrais répondre en théologien et donner trois points bien construits. Mais ce ne serait pas honnête. Ce que la messe a changé en moi, profondément, c’est ma capacité à recevoir. Avant d’être prêtre, je voulais surtout faire, donner, agir. Vingt-cinq ans à l’autel m’ont appris à recevoir.

Recevoir la Parole qui me précède et qui me dépasse — je n’invente pas l’Évangile, je l’accueille. Recevoir l’assemblée qui m’est confiée — je n’ai pas choisi mes paroissiens, ils me sont donnés. Recevoir le pain et le vin que je consacre — je ne fabrique rien, je laisse le Christ se rendre présent à travers mes mains pauvres. Recevoir, finalement, ma propre fragilité — je ne suis pas un super-prêtre, je suis un homme blessé comme les autres, qui a besoin chaque jour de la miséricorde qu’il proclame.

Cette posture de réception change tout. Elle change la prière personnelle, qui devient moins volontariste et plus contemplative. Elle change la relation aux paroissiens, qu’on cesse de vouloir formater et qu’on apprend à accueillir tels qu’ils sont. Elle change même la relation à soi-même : on s’accepte plus doucement, parce qu’on a compris qu’on n’est pas obligé d’être impeccable pour être aimé de Dieu.

La messe quotidienne, vingt-cinq ans durant, m’a creusé. Pas comme une douleur — comme une rivière creuse la pierre, patiemment. Et au fond de ce creux, il y a de la place pour les autres. C’est sans doute cela, le ministère pastoral. Un creux qui accueille.

Questions rapides — idées reçues sur la messe

La messe dominicale est obligatoire. Vrai, mais avec nuance pastorale. Le Code de droit canonique demande à tout fidèle de participer à la messe le dimanche et les jours de fête d’obligation. Cela dit, la maladie, l’âge avancé, une garde d’enfants ou un travail incompatible sont des motifs légitimes de dispense. La règle est faite pour nourrir, pas pour culpabiliser.

Il faut être à jeun avant la communion. Vrai. La règle actuelle prévoit une heure de jeûne eucharistique avant la communion — sauf eau et médicaments. C’est une discipline modérée, qui prépare le corps à recevoir.

Les laïcs peuvent lire à la messe. Vrai. Depuis la réforme liturgique de 1969, les laïcs hommes et femmes peuvent proclamer les lectures (sauf l’Évangile, réservé au diacre ou au prêtre). Une formation paroissiale est vivement recommandée.

Le silence vaut une parole. Vrai. Les temps de silence après les lectures et après la communion ne sont pas du temps perdu : ce sont des moments liturgiques à part entière, prévus par le Missel romain.

Communier les mains nues est interdit. Faux. Depuis Vatican II, la communion dans la main est autorisée en France, sur décision épiscopale. Elle se reçoit la main gauche sous la main droite, paume ouverte, en s’inclinant légèrement.

Le chant grégorien est obligatoire. Faux. Vatican II reconnaît au grégorien une place propre dans la liturgie romaine, mais n’en fait pas une obligation universelle. Tout chant sacré, en latin ou en langue vernaculaire, peut accompagner la liturgie pourvu qu’il soit digne et adapté.

On peut communier sans confession. Vrai, à condition de n’avoir aucun péché grave non confessé. L’Église demande au moins une confession annuelle et impérativement avant la communion en cas de péché mortel. Pour les fautes véniles, l’acte pénitentiel du début de messe suffit.

Conclusion — les trois choses à retenir du Père Vasseur

1. La messe est un don reçu, pas une performance accomplie. Le célébrant ne fabrique rien. Il accueille un mystère qui le dépasse et qui se rend présent à travers sa pauvreté de prêtre. Cette posture de réception change tout, autant pour le ministre que pour le fidèle. Arrêter de vouloir bien faire sa messe pour simplement la recevoir est probablement le chemin le plus court vers une participation fructueuse, peu importe l’âge ou la pratique.

2. Les silences sont aussi liturgiques que les paroles. Quarante secondes de silence après la communion ne sont pas du temps perdu : elles permettent l’intériorisation de la présence reçue. Le silence après l’homélie, avant la prière universelle, à la fin du Notre Père — autant de moments à protéger absolument. Une liturgie qui court d’un mot à l’autre sans respiration épuise plus qu’elle ne nourrit.

3. La messe ne s’arrête pas à la porte de l’église. Allez dans la paix du Christ est un envoi missionnaire. Toute la liturgie a un sens parce qu’elle nous renvoie au monde, transformés, pour témoigner. La sainteté se cultive à l’autel le dimanche, mais elle se vérifie au travail, en famille, dans la rue, le lundi matin. La messe est une braise quotidienne, pas un moment isolé.