Le dimanche 5 avril 2026, dans toutes les églises du monde, retentira de nouveau l’annonce qui fonde la foi chrétienne : « Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! » Cette affirmation, que les chrétiens d’Orient se lancent encore aujourd’hui en guise de salut pendant tout le temps pascal, n’est pas une métaphore. Elle est le pivot autour duquel tourne le christianisme depuis le matin du troisième jour, où des femmes ont trouvé le tombeau vide et où le Ressuscité s’est manifesté à ses disciples.
Pâques n’est pas une fête parmi d’autres dans le calendrier catholique. C’est la fête, le sommet et la source. Tout dans l’année liturgique en découle ou s’y prépare : le Carême la précède, l’Ascension et la Pentecôte la prolongent, chaque dimanche en est une « petite Pâques » hebdomadaire. Le Concile Vatican II rappelle dans la constitution Sacrosanctum Concilium que « les jours du Triduum pascal forment le sommet de l’année liturgique tout entière ».
Dans ce dossier, nous parcourons ensemble la date de Pâques 2026 et son calcul, le déroulement de la Veillée pascale, le sens théologique de la Résurrection, les traditions populaires qui l’entourent, et la manière dont la fête se vit en paroisse à Saint-Fons et Feyzin.
Pâques 2026 : date et calcul
Pâques 2026 est fixé au dimanche 5 avril 2026. Cette date détermine l’ensemble du calendrier liturgique mobile :
| Date | Célébration |
|---|---|
| Dimanche 29 mars 2026 | Dimanche des Rameaux |
| Jeudi 2 avril 2026 | Jeudi saint — Cène du Seigneur |
| Vendredi 3 avril 2026 | Vendredi saint — Passion |
| Samedi 4 avril 2026 | Samedi saint — Veillée pascale dans la nuit |
| Dimanche 5 avril 2026 | PÂQUES — Résurrection |
| Dimanche 12 avril 2026 | 2ᵉ dimanche de Pâques (dimanche de la Miséricorde) |
| Jeudi 14 mai 2026 | Ascension |
| Dimanche 24 mai 2026 | Pentecôte |
Le calcul nicéen
La règle remonte au premier concile œcuménique, à Nicée en 325. Pâques tombe le premier dimanche après la première pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps. En 2026, l’équinoxe est le 20 mars, la première pleine lune après cette date tombe le samedi 4 avril, et Pâques le lendemain. Cette règle astronomique donne une date qui peut varier du 22 mars au 25 avril — soit une amplitude de cinq semaines. Pour comprendre l’ensemble des fêtes mobiles, voir notre guide calendrier liturgique 2026-2027.
Pâques chez les orthodoxes
Les Églises orthodoxes utilisent le calendrier julien, qui décale la date. En 2026, Pâques orthodoxe tombe le 12 avril, soit une semaine après Pâques catholique. Certaines années, les deux coïncident ; cette coïncidence est rare. Le mouvement œcuménique œuvre depuis longtemps pour une date commune, sans qu’aucun accord n’ait encore abouti. Pour mieux comprendre la liturgie pascale orientale et ses richesses propres, on pourra consulter les pages de la paroisse Saint-Martin orthodoxe sur la fête de Pâques selon le rite byzantin.
La Veillée pascale, sommet de l’année liturgique
Dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 avril 2026, vers 21h dans la plupart des paroisses, la Veillée pascale ouvrira la fête. C’est la liturgie la plus dense de l’année — environ deux heures et demie — articulée en quatre grandes parties.
La liturgie de la lumière
Devant l’église, dans l’obscurité, le prêtre bénit un feu nouveau et y allume le cierge pascal — grand cierge de cire qui portera, gravée, l’année 2026 et les lettres alpha et oméga, premier et dernier signes de l’alphabet grec. Le diacre porte le cierge en procession dans l’église plongée dans le noir, en chantant trois fois : « Lumière du Christ ! » à laquelle l’assemblée répond : « Nous rendons grâce à Dieu ! » Chacun allume son propre cierge à celui du voisin, et l’église entière, peu à peu, se remplit de lumière.
Vient alors le chant de l’Exsultet — long poème liturgique où le diacre acclame la nuit pascale : « Ô nuit de vrai bonheur, où le ciel s’unit à la terre, où l’homme rencontre Dieu ! » Texte de toute beauté, qui plonge ses racines dans les premiers siècles chrétiens.

La liturgie de la Parole
Sept lectures bibliques retracent toute l’histoire du salut : la Création, le sacrifice d’Abraham, le passage de la Mer Rouge, les promesses prophétiques. Après chaque lecture, un psaume et une oraison. Puis l’hymne de la Gloire — qui n’a plus retenti depuis le début du Carême — explose de nouveau, accompagnée des cloches qui sonnent à toute volée. La lecture de l’Épître proclame que le Christ ressuscité ne meurt plus (Rm 6). L’Alléluia revient, et l’évangile annonce la Résurrection.
La liturgie baptismale
C’est le cœur du dispositif. Pendant tout le Carême, les catéchumènes adultes se sont préparés au baptême. C’est cette nuit qu’ils le reçoivent. Le prêtre bénit l’eau du baptistère, plonge dans l’eau le cierge pascal, baptise les catéchumènes — souvent par immersion ou par triple aspersion. Aussitôt baptisés, ils sont confirmés par l’huile sainte. Ils communieront pour la première fois quelques minutes plus tard. Toute l’assemblée renouvelle alors les promesses de son propre baptême en aspergeant chacun d’eau bénite.
La liturgie eucharistique
La messe se poursuit par les rites habituels — offertoire, prière eucharistique, communion. C’est la première eucharistie de Pâques. La fête a commencé.
Pâques, fondement de la foi chrétienne
Pourquoi cette nuit est-elle si centrale ? Parce qu’elle commémore l’événement sans lequel le christianisme n’existerait pas : la Résurrection de Jésus, le matin du troisième jour après sa crucifixion sous Ponce Pilate.
Saint Paul, dans sa première lettre aux Corinthiens, écrit avec une netteté désarmante : « Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est sans valeur, vous êtes encore dans vos péchés » (1 Co 15,17). Tout est joué là. Si la Résurrection n’a pas eu lieu, le christianisme est une morale parmi d’autres, attachée à un sage exécuté il y a deux mille ans. Si elle a eu lieu, alors la mort n’a plus le dernier mot, le mal a été vaincu en sa source, et la vie éternelle est ouverte à ceux qui croient.
L’Église ne propose pas la Résurrection comme une métaphore poétique. Elle la confesse comme un fait historique unique : Dieu est entré dans le temps, a accepté la mort, et a triomphé de la mort. Ce n’est pas un retour à la vie biologique — Lazare ressuscité reviendrait mourir un jour. C’est l’accès à une vie nouvelle, transfigurée, éternelle.
Les apparitions du Ressuscité
Les évangiles racontent une série de rencontres entre le Ressuscité et ses disciples : Marie-Madeleine au tombeau qui le prend pour le jardinier (Jn 20,11-18), les disciples d’Emmaüs qui le reconnaissent à la fraction du pain (Lc 24,13-35), les Onze réunis au cénacle (Jn 20,19-23), Thomas qui touche les plaies (Jn 20,24-29), la pêche miraculeuse au bord du lac (Jn 21,1-14). Ces récits, très différents, se croisent sur un point : les disciples n’attendaient rien, ils ne comprennent pas tout de suite, et leur vie en sort radicalement transformée.
Traditions pascales catholiques
Au-delà de la liturgie, Pâques s’accompagne dans les pays catholiques de traditions populaires riches.
Les œufs de Pâques. Symbole pré-chrétien de la vie qui jaillit de l’apparence morte, l’œuf a été récupéré par les chrétiens. Au Moyen Âge, le Carême interdisait les œufs et les laitages : ceux pondus pendant les quarante jours étaient conservés, décorés et offerts à Pâques. La tradition s’est conservée et adaptée — chocolat aujourd’hui, œufs colorés en Europe orientale.
Les cloches qui partent à Rome. Du Jeudi saint au soir à la Veillée pascale, les cloches des églises catholiques se taisent en signe de deuil. La légende française dit qu’elles partent à Rome chercher les œufs auprès du pape, et qu’elles les rapportent dans la nuit de Pâques en survolant les jardins. Pédagogie populaire pour expliquer aux enfants pourquoi ils trouvent des œufs dans le jardin le matin de Pâques.
Le repas pascal. Dans toute l’Europe catholique, le déjeuner du dimanche de Pâques est festif. Agneau pascal dans de nombreuses régions — en mémoire de l’agneau que les Hébreux sacrifiaient à la sortie d’Égypte, et du Christ « agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ».

L’eau bénite à la maison. Dans la tradition, on rapporte chez soi de l’eau bénite à la Veillée pascale, et on en bénit les chambres, le seuil de la maison, parfois les animaux du jardin. Geste discret de foi quotidienne.
Le temps pascal. Pâques n’est pas un dimanche, mais une période de cinquante jours qui s’étend jusqu’à la Pentecôte. Les ornements liturgiques restent blancs, le cierge pascal brûle à chaque messe, on chante l’alléluia à profusion. Cinquante jours pour intérioriser l’événement de la Résurrection.
Vivre Pâques en paroisse à Saint-Fons et Feyzin
Sur l’ensemble pastoral, la Semaine sainte 2026 sera ponctuée des grandes liturgies — Rameaux, Jeudi saint, Vendredi saint, Veillée pascale, messe de Pâques au matin. Les horaires précis seront annoncés sur la feuille dominicale et la page horaires des messes.
Quelques rendez-vous emblématiques. Le Dimanche des Rameaux ouvre la semaine par la procession et la bénédiction des rameaux, dans chacune des deux communes. Le Jeudi saint au soir, la messe de la Cène du Seigneur comporte le geste du lavement des pieds — le prêtre lave les pieds de douze paroissiens, en mémoire du geste de Jésus à ses disciples au cénacle. Suit l’adoration eucharistique, qui se prolonge tard dans la nuit. Le Vendredi saint à 15h, le chemin de croix conduit l’assemblée jusqu’à la célébration de la Passion, où l’évangile de saint Jean est proclamé en plusieurs voix et où l’on vénère la croix.
La Veillée pascale dans la nuit du 4 au 5 avril rassemble la communauté pour la plus belle liturgie de l’année. Les baptêmes des catéchumènes adultes, préparés depuis deux ans, en sont le moment particulièrement émouvant. Le dimanche 5 avril au matin, deux messes festives — l’une à Saint-Fons, l’autre à Feyzin — célèbrent la Résurrection avec toute la communauté. Pour comprendre la liturgie eucharistique pas à pas, voir notre dossier sur le déroulement de la messe catholique.
À la sortie de la messe de Pâques, la coutume locale veut que l’on partage des œufs en chocolat à la fin de la messe — petite tradition simple qui prolonge la fête en convivialité.
Pâques 2026, le 5 avril : trois mots pour dire l’essentiel. Christus resurrexit. Le Christ est ressuscité. Que cette annonce, encore une fois, traverse nos églises, nos vies, et qu’elle ouvre cinquante jours d’une joie qui ne finit pas.