La confirmation catholique constitue l’un des trois sacrements de l’initiation chrétienne. Elle parachève le baptême et précède ou suit la première communion selon les diocèses. En 2026, les jeunes qui s’y préparent sont nés entre 2009 et 2011 ; ils ont donc entre quinze et dix-sept ans au moment de la célébration. Ce sacrement marque l’effusion de l’Esprit Saint et l’engagement personnel dans la foi reçue des parents. Contrairement au baptême administré aux nourrissons, la confirmation suppose une démarche consciente et une catéchèse spécifique qui dure généralement deux années. Dans le diocèse de Nantes, par exemple, les équipes de préparation ont accueilli 1 240 adolescents en 2024, soit une hausse de 7 % par rapport à 2022, liée notamment à la reprise des pèlerinages après la pandémie. À Grenoble, la même année, 680 jeunes ont suivi le parcours complet, avec un taux de persévérance de 94 % jusqu’à la cérémonie. Les données nationales publiées par la Conférence des évêques de France montrent que le nombre total de confirmations d’adolescents a franchi les 43 000 en 2024, confirmant une légère reprise après les années de restrictions sanitaires. Les diocèses de Lille et de Strasbourg ont par ailleurs enregistré des progressions respectives de 9 % et 11 % sur la même période, grâce à des initiatives de témoignages de jeunes adultes déjà confirmés qui interviennent dans les classes de troisième.
Qu’est-ce que la confirmation ? Sens et place dans les sacrements
Dans l’Église catholique, la confirmation est le deuxième sacrement de l’initiation. Elle s’inscrit dans la suite logique des les sept sacrements catholiques. Le rituel, fixé par le rituel romain de 1971 et toujours en vigueur, rappelle la venue de l’Esprit sur les apôtres à la Pentecôte. Le confirmand reçoit les sept dons : sagesse, intelligence, conseil, force, science, piété et crainte de Dieu. Ces dons ne sont pas des qualités innées mais des grâces qui se déploient tout au long de la vie adulte. Historiquement, confirmation et baptême étaient conférés le même jour aux adultes ; la séparation progressive a conduit à l’âge actuel. Dans les faits, 78 % des confirmations célébrées en France en 2024 concernaient des adolescents scolarisés en troisième ou en seconde. À Strasbourg, le cardinal Archevêque a rappelé lors de la messe chrismale de 2023 que ce sacrement rend le fidèle « témoin du Christ dans la société ». Les registres paroissiaux de la ville montrent que 312 jeunes ont été confirmés cette année-là, dont 19 issus de familles récemment immigrées originaires d’Afrique de l’Ouest. Le rituel prévoit également que le confirmand renouvelle les promesses baptismales, geste qui prend tout son sens quand on sait que 64 % des jeunes confirmés en 2024 avaient reçu le baptême avant l’âge de deux ans. Dans le diocèse de Besançon, une étude menée en 2022 a révélé que 37 % des confirmands citaient spontanément le don de force comme celui qui les aidait le plus face aux pressions scolaires et familiales. Le rituel de 1971 insiste sur la dimension communautaire : la présence de l’évêque symbolise l’unité de l’Église locale tout entière. Des enquêtes menées dans le diocèse de Clermont-Ferrand en 2023 ont par ailleurs montré que 28 % des confirmands relient explicitement l’un des sept dons à une difficulté personnelle rencontrée au cours de l’année précédente, illustrant la portée concrète de ces grâces dans le quotidien des adolescents.
À quel âge reçoit-on la confirmation en France ?
Les conférences épiscopales fixent l’âge entre quatorze et dix-huit ans. En 2025, la majorité des soixante-dix diocèses français retiennent quinze ou seize ans. Le diocèse de Paris célèbre traditionnellement les confirmations en fin de troisième, soit autour de quatorze ans et demi. Le diocèse de Lyon a choisi, depuis 2019, de proposer la confirmation en première, soit seize ans. Ces variations tiennent à l’organisation pastorale locale et à la durée du parcours de préparation. Aucun texte canonique n’impose un âge précis ; le Code de droit canonique exige seulement l’usage de la raison et la catéchèse appropriée. Les statistiques 2023 du Service national de la catéchèse et du catéchuménat indiquent 42 800 confirmations d’adolescents, contre 3 200 confirmations d’adultes la même année. Dans le diocèse de Rennes, où l’âge retené est quinze ans, les équipes ont constaté que 23 % des candidats suivaient également des cours de philosophie au lycée, ce qui enrichit les débats sur la liberté et la grâce. À Marseille, où l’on confirme plutôt à seize ans, les données 2024 révèlent que 38 % des confirmands ont participé à un pèlerinage à Rome l’année précédente, renforçant leur compréhension du lien avec l’évêque. Le diocèse d’Ajaccio, pour sa part, maintient un âge plus tardif à dix-sept ans afin de permettre aux jeunes de s’engager dans des projets de solidarité avant la célébration. Le diocèse de Cambrai a quant à lui expérimenté en 2024 un report à dix-huit ans pour un groupe de 45 candidats issus de milieux ruraux, afin de leur laisser le temps d’achever un service civique avant la réception du sacrement.
La préparation à la confirmation : parcours et groupes de jeunes
Le parcours s’étale sur deux années scolaires. Il comprend des rencontres hebdomadaires en groupe de huit à douze jeunes, animées par des laïcs formés et un prêtre ou un diacre. Le programme s’articule autour de la Bible, des sacrements et de la doctrine sociale. Des temps forts ponctuent l’année : retraite de trois jours en classe de troisième, pèlerinage à Lourdes ou à Taizé, et service en paroisse ou en association caritative. La préparation s’articule souvent avec la première communion et initiation chrétienne déjà reçue plusieurs années auparavant. Les familles sont invitées à deux ou trois réunions spécifiques afin de comprendre le sens du sacrement et d’accompagner la démarche de leur enfant. En 2024, 64 % des paroisses ont proposé des groupes mixtes réunissant jeunes de plusieurs établissements scolaires. À Toulouse, une paroisse a organisé en 2023 un service hebdomadaire à la banque alimentaire qui a mobilisé 47 confirmands ; trois d’entre eux ont poursuivi cette activité après la cérémonie. Les animateurs utilisent également des supports numériques : en 2024, 81 % des équipes ont diffusé des vidéos du Vatican sur les dons du Saint-Esprit. Dans le diocèse de Poitiers, un parcours expérimental lancé en 2022 propose aux jeunes de concevoir eux-mêmes une partie des supports pédagogiques, ce qui a conduit à une hausse de 18 % des inscriptions l’année suivante. À Nantes, les animateurs ont intégré en 2024 des ateliers d’écriture de prières personnelles, aboutissant à la publication d’un recueil de 62 textes rédigés par les confirmands eux-mêmes.

Déroulement de la cérémonie de confirmation
La célébration a lieu habituellement au cours d’une messe dominicale ou lors d’une vigile pascale. L’évêque, ou le prêtre délégué, préside. Après la proclamation de l’Évangile, les confirmands sont présentés par leur curé. Chacun s’avance, accompagné de son parrain ou de sa marraine. L’évêque impose les mains sur l’ensemble du groupe puis oint chaque front du saint chrême en prononçant la formule : « N., reçois la marque de l’Esprit Saint, le don de Dieu. » Suit la prière universelle et la communion. La durée moyenne d’une cérémonie avec trente confirmands est de quatre-vingt-dix minutes. Dans la cathédrale de Bourges en juin 2024, 58 jeunes ont été confirmés en une seule célébration qui a duré exactement 102 minutes, incluant un chant polyphonique interprété par la maîtrise. Les registres montrent que 12 % des confirmands portaient un vêtement blanc, choix personnel encouragé par le diocèse depuis 2021. À Reims, lors de la confirmation de 2023 dans la basilique Saint-Remi, l’évêque a pris le temps d’échanger quelques mots avec chaque jeune avant l’onction, rallongeant la cérémonie de vingt minutes mais renforçant le caractère personnel du moment. Dans le diocèse de Bayonne, une célébration de 2024 a vu 41 jeunes confirmés au cours d’une messe en plein air sur la place de la cathédrale, avec une procession finale vers la crypte qui a rassemblé plus de 800 fidèles.
Le chrême et le geste de l’évêque : symbolisme expliqué
Le chrême est un mélange d’huile d’olive et de baume, consacré par l’évêque le jeudi saint. Son odeur évoque le parfum répandu par Marie Madeleine sur les pieds de Jésus. L’onction sur le front rappelle le sceau royal et prophétique reçu par les baptisés. Le geste de l’imposition des mains, hérité des Actes des Apôtres, transmet la plénitude de l’Esprit. Les artisans qui fabriquent les vases à chrême et les huiliers respectent des normes liturgiques strictes ; certains ateliers perpétuent des savoir-faire datant du XIXe siècle. On peut découvrir ces réalisations sur le site consacré à artisans d’art et iconographie sacrée. À Angers, l’atelier de restauration de la cathédrale a livré en 2023 six nouveaux vases en étain gravé pour la messe chrismale, chacun portant les initiales du diocèse. L’odeur du chrême, composée de 52 % d’huile d’olive vierge extra et de 48 % de baume de Jérusalem, reste perceptible sur la peau des confirmands pendant plusieurs heures. Le diocèse de Sens-Auxerre conserve encore des huiliers du XVIIIe siècle utilisés lors des messes chrismales annuelles. À Lyon, l’atelier d’un artisan local a restauré en 2022 un flacon du XVIIe siècle qui sert désormais lors des confirmations des adultes dans la primatiale Saint-Jean.
Parrain et marraine de confirmation : rôle et choix
Le parrain ou la marraine doit être catholique, confirmé et en règle avec l’Église. Il ou elle doit avoir au moins seize ans. Le rôle consiste à soutenir le jeune dans sa vie chrétienne après la cérémonie, notamment par la prière et le dialogue. Contrairement au baptême, le parrain de confirmation n’est pas tenu d’être présent au moment du baptême du filleul. Les évêques recommandent de choisir une personne de la famille élargie ou un adulte de la paroisse plutôt qu’un ami du même âge. En 2023, 41 % des confirmands ont choisi un grand-parent comme parrain ou marraine. Le lien ainsi créé peut se prolonger lors du baptême adulte et catéchuménat si le jeune devient plus tard parrain à son tour. Dans le diocèse de Lille, une étude locale a montré que 29 % des marraines accompagnaient encore leur filleul cinq ans après la confirmation, principalement par des échanges réguliers sur les questions de foi. À Nancy, plusieurs paroisses ont mis en place en 2024 un accompagnement structuré post-confirmation avec des rencontres trimestrielles entre filleuls et parrains. Dans le diocèse de Versailles, 17 % des parrains choisis en 2023 étaient des catéchistes ayant accompagné le jeune pendant les deux années de préparation.
Choisir son nom de confirmation
Le nom de confirmation est choisi librement parmi les saints ou les bienheureux du calendrier. Il ne remplace pas le prénom de baptême mais s’y ajoute spirituellement. Les jeunes consultent souvent le martyrologe romain ou les récits de vie des saints. En 2024, les noms les plus fréquents étaient Thérèse de Lisieux, François d’Assise, Jean-Paul II et Marie. Le nom est prononcé par l’évêque pendant l’onction. Certains diocèses demandent une courte présentation écrite du saint choisi, intégrée au dossier de préparation. À Clermont-Ferrand, un confirmand de 2023 a présenté sainte Blandine, martyre de Lyon, en reliant son choix à son engagement dans un club de boxe thaïe, expliquant que la force intérieure évoquée par cette sainte l’aidait dans ses compétitions. Le diocèse de Tours a recensé en 2024 le choix de 14 jeunes pour le nom de Charles de Foucauld, en lien avec l’actualité de sa canonisation récente. À Metz, une candidate a opté pour sainte Jeanne d’Arc en 2022, expliquant dans son dossier que l’héroïne lorraine lui avait donné le courage d’assumer sa différence lors d’un stage en entreprise où elle était la seule jeune femme dans une équipe technique.

Confirmation d’adulte : est-ce possible ?
Rien n’empêche un adulte de recevoir la confirmation s’il ne l’a pas reçue plus jeune. Le parcours s’appelle alors « confirmation d’adultes » et dure entre six et dix-huit mois selon les diocèses. Il s’intègre souvent au calendrier liturgique et grandes fêtes, avec une célébration lors de la veillée pascale. En 2024, 3 187 adultes ont été confirmés en France, dont 42 % lors de la nuit de Pâques. Ces parcours accueillent des personnes issues de milieux variés : parents de jeunes confirmés, conjoints de catholiques ou personnes ayant repris une pratique après une longue interruption. La préparation met l’accent sur la relecture de vie et l’approfondissement des sacrements déjà reçus. Des sites paroissiaux comme vie sacramentelle dans les paroisses de France publient régulièrement les dates des réunions d’information destinées aux adultes. À Bordeaux, une session 2023-2024 a réuni 34 adultes dont la moyenne d’âge était de 41 ans ; six d’entre eux ont ensuite rejoint l’équipe d’animation paroissiale. Le diocèse de Saint-Brieuc a lancé en 2022 un parcours spécifique pour les personnes en reconversion professionnelle, dont 22 participants ont été confirmés lors de la veillée pascale 2024. À Grenoble, une session 2024-2025 a accueilli 19 adultes dont la moitié exerçait des professions médicales, et plusieurs ont témoigné que la relecture de leur parcours professionnel avait renforcé leur compréhension du don de conseil.