Transmettre la flamme du souvenir à une nouvelle génération

Le Progrès, le 28/01/2018

Commémoration de la libération du camp d’Auschwitz : « On souhaite transmettre cette flamme du souvenir à une nouvelle génération »

« L’oubli serait une injustice absolue, comme Auschwitz fut le mal absolu » : le président de l’association culturelle de Saint-Fons, Frédéric Amar, a fait sienne la phrase d’Elie Wiesel, déporté et prix Nobel de la paix, pour évoquer la commémoration, dimanche 28 janvier, du 73e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz.

Dimanche vous allez célébrer l’anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz à Saint-Fons et dans d’autres villes de France, que représente ce moment pour vous et votre association culturelle de Saint-Fons ?

« Cette commémoration est un devoir de fidélité absolue pour la mémoire de tous ceux qui sont morts dans l’indifférence quasi générale à l’époque. Elie Wiesel, écrivain, ancien déporté juif, disait que « l’oubli serait une injustice absolue, comme Auschwitz fut le mal absolu […] Notre mémoire est finalement la seule sépulture dont les déportés juifs morts dans ces camps puissent disposer à ce jour.

C’est pourquoi on souhaite transmettre cette flamme du souvenir à une nouvelle génération, mais j’avoue que c’est une tâche difficile, même à Saint-Fons où la communauté juive se réduit comme peau de chagrin. Avant la guerre, ils étaient entre 350 et 400 familles ; 43 Sainfoniards sont morts à Auschwitz sur une centaine de morts exécutés ou en déportation. »

Vous souhaitez donc que d’autres villes (hors les chefs lieux de département) organisent ce type de manifestation ?

« C’est délicat car il existe une journée de la déportation à la fin du mois d’avril dans toute la France à laquelle nous participons et qu’il faut maintenir à tout prix. »

Comment sont les relations interreligieuses à Saint-Fons ?

« Les trois religions monothéistes organisent une rencontre interreligieuse depuis six ans avec un thème choisi en commun. La prochaine se tiendra au mois de mai sur « la culture de la paix » avec un certain nombre de réunions de préparation en amont. C’est très positif car, au moins, nous nous connaissons. Et d’ailleurs, jusqu’à maintenant, notre synagogue n’a jamais été l’objet d’agressions. Mais cela n’empêche pas que notre communauté ressente l’inquiétude que tout le monde connaît, notamment depuis les attentats de 2015. »