Témoignage

Témoignage d’une sœur Visitandine qui a fait le choix de vivre, discrètement, depuis 20 ans, dans une citée populaire de St Fons.

Je n’ai pas connu un seul membre de ma famille, ma Mère est morte lorsque j’avais dix-huit mois ; mon Père s’est remarié et n’a pas pu me reprendre. Mes deux frères ont été tués à l’âge de 21 ans et 19 ans – tués par les allemands en 1944.J’ai très peu reçu dans la maison où j’ai vécu dans mon enfance, parce qu’ayant cette étiquette « caractérielle et arriérée » J’ai été à l’école jusqu’à l’âge de 10 ans ; après j’ai travaillé, mais j’aimais le travail manuel.

 

J’ai eu  cette chance dans mon enfance d’être attirée vers la personne du Christ et je confiais à Marie mes peines et mes joies. A l’orphelinat où nous allions tous les jours à la messe, j’avais soif d’entendre le Prêtre parler de Jésus. J’aimais la vie, même si j’avais reçu peu humainement parlant, mais la vie était comme un livre où dans les évènements joyeux où souffrants je cherchais à me construire à l’intérieur de mon être. Je voulais me donner à Dieu, même si je n’avais qu’un seul talent, je devais le faire fructifier et ne pas faire comme dit l’évangile.

 

J’ai été attirée vers la Vie contemplative et je me suis dirigée vers la Visitation où j’ai rencontré les responsables et elles m’ont confirmée dans ma vocation. Ce que j’ai aimé dans cette vie monastique, c’est tout d’abord la variété des membres, cela a été une richesse pour moi. J’aimais le chant liturgique et les rencontres communautaires dans nos assemblées et enfin tout ce qui pouvait me rapprocher de Dieu.

Etant à Nancy, le monastère a dû fermer faute de vocation. Je me suis orientée vers le monastère Saint Heand  près de Saint Etienne où je connaissais déjà ce monastère. A la demande des sœurs du monastère de Saint Heand, j’ai accepté de faire partie du petit groupe qui allait s’installer à Vénissieux.

 

Lorsque j’ai eu ma retraite j’ai demandé à la responsable de vivre seule pour la première fois de ma vie. La demande fut accordée et j’allais vivre à Saint Fons .

 

J’aime la solitude, elle ne me pèse pas, car je suis habitée par Dieu et veut vivre pour Lui, mais pour cela je dois mourir à ce moi qui fait  obstacle à l’amour que Dieu a pour sa création. C’est un travail de tous les jours, car la connaissance de soi n’est pas si facile à avoir. Aujourd’ hui, l’Amour de Dieu me remplit. Lorsque je médite tout ce que Jésus a souffert pour que nous vivions de l’amour Trinitaire, Dieu ne veut que le bonheur de ses enfants.Un jour lorsque mes sœurs m’ont dit : ce n’ai pas ton avoir que nous aimons en toi, mais ton être en toi et ce jour là j’ai compris qu’une nouvelle naissance était à ma portée et que j’ai à me recréer pour rejoindre l’Amour de Dieu.

 

Yolande.

Pour info : Depuis le XVIIIe siècle, les visitandines font « tout par amour, rien par force ». Une devise révélatrice de cet ordre, né de l’amitié entre un « doux évêque », François de Sales, et une mère de famille, Jeanne de Chantal. En 1610, voilà plus de 400 ans, ils fondèrent ensemble l’ordre de « la Visitation sainte Marie » dans un monde en grande mutation. (cf CROIRE.com)